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Tout
d'abord, pourriez-vous nous donner quelques repères biographiques
vous concernant ?
Eh
bien, je suis né au Québec en août 1973. Alors que
j'avais cinq ans, ma famille a déménagé pour la Colombie-Britannique,
et c'est à peu près à cette période que j'ai
découvert le monde des comics. J'ai commencé à dessiner
dès l'âge de trois ans et c'était vraiment quelque
chose dont je semblais ne jamais pouvoir me lasser. Tandis que les autres
gamins s'amusaient dehors ou se bagarraient, moi je dessinais. J'étais
un enfant assez tranquille, et ça me convenait donc parfaitement.
Je n'ai jamais pris de cours ou de trucs comme ça, mais, au lycée,
j'ai été embauché par le centre communautaire pour
donner des leçons de dessin. J'ai vite découvert que l'enseignement
de l'art n'était pas ma tasse de thé et c'est à ce
moment-là que j'ai compris que je le métier que je voulais
faire c'était dessinateur de comics et illustrateur. Et ça
s'est réalisé : j'adore mon boulot !
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Dès
l'enfance, les comics étaient donc quelque chose d'important pour vous
?
Je
ne connaissais vraiment rien aux comics avant de quitter le Québec.
Quand je suis arrivé en Colombie-Britannique, ma famille et moi avons
vécu chez un de mes oncles pendant un mois avant de nous installer
chez nous. Ma tante nous donnait, à moi et à mon frère,
des bouteilles consignées et nous disait d'aller au petit magasin du
coin de la rue pour les échanger contre des bonbons. La première
fois que j'y suis allé j'ai remarqué un grand présentoir
rempli de revues aux couleurs vives. Ça m'a tout de suite attiré
et j'ai jeté mon dévolu sur le numéro 160 des X-Men [NdT
: En France dans l'album Belasco] ! J'ai vu Tornade pour la toute première
fois de ma vie et je suis immédiatement tombé amoureux. On aura
compris que les 60 cents de consigne ne furent jamais échangés
contre des bonbons mais contre des X-Men. À partir de ce jour, j'ai
économisé chaque sou pour acheter mes revues favorites. Legion
of the super heroes, les Vengeurs, the Defenders et les X-Men étaient
mes préférés de l'époque.
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Mais
étiez-vous vous-même intéressé par le dessin avant
de découvrir les comics ?
En fait,
oui ! J'ai grandi au Québec en regardant les versions françaises
des dessins animés. Je devais avoir à peu près trois
ans et ça me fascinait littéralement. Je regardais un épisode
d'Albator, par exemple, et quand c'était fini, je filais dans ma chambre
le dessiner. Dessiner a toujours été important pour moi, c'est
une part de ce que je suis. C'est comme respirer. Je suis en manque si je
ne peux pas dessiner pendant trop longtemps.
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Comment
avez-vous vécu votre coming-out et votre acceptation d'être gay
?
Etant
donné mes origines c'était assez difficile de faire mon coming-out,
je ne savais même pas ce qu'homo voulait dire. Personne n'en parlait
jamais, et ce n'était vraiment pas évident de raconter ce qui
se passait en moi. Au lycée, les choses se sont gâtées
quand il a fallu se mettre à draguer comme tous les autres jeunes de
mon âge. J'ai tout bêtement suivi le troupeau et je me suis trouvé
une petite amie. Je me doutais que j'étais gay, mais tout était
si trouble pour moi, à cette époque. Je n'avais pas la moindre
information, personne à qui parler et pas d'autres moyens d'expression
que mes dessins. Alors quand j'ai eu 18 ans, je suis parti à Vancouver
et j'ai rencontré là-bas des gens formidables qui m'ont ouvert
les yeux. Des amis m'ont aidé à me débarrasser de toutes
les conneries que j'avais dans le crâne et des complexes au sujet de
ma sexualité. À partir de ce moment-là, ça a été
plus facile de m'accepter. Incidemment, c'est à cette époque
que j'ai commencé à dessiner de plus en plus de scènes
homo-érotiques et à les montrer autour de moi.
Ces
problèmes se sont-ils reflétés dans votre travail à
cette époque ?
Pas vraiment.
J'avais une collection privée et une autre que je pouvais montrer aux
gens. Quand j'ai réalisé que c'était bien d'être
gay, les barrières sont tombées et je n'ai plus ressenti le
besoin de cacher mes dessins homos.
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Vous
semblez, dans votre oeuvre, quelque peu... porté sur la chose !-)
À quel âge cet intérêt a-t-il commencé
à se manifester dans vos dessins ?
Vous
trouvez ? Ha ha ha! C'est une bonne question, ça ! Je pense que je devais
avoir sept ans quand j'ai commencé à créer mes propres
personnages, et je dois admettre que mes désirs - même si je n'étais
pas conscient de ce qu'ils étaient exactement - ont influencé
mon travail dès cette époque. J'ai donc commencé fort jeune
!... Mais ma famille était catholique, alors je me suis dit " Il ne faut
pas que mes parents découvrent ça ! " Ha ha ha ! Mais comme j'étais
assez têtu, déjà enfant, et que mes dessins et les sentiments
qu'ils exprimaient me semblaient justes , j'ai décidé de continuer
à explorer cette voie. Bien sûr ce n'est qu'après avoir
déménagé à Vancouver que j'ai réellement
compris de quoi il s'agissait. En lisant des comics, je pouvais fantasmer sur
mes héros préférés en toute tranquillité.
Je veux dire, quand même, tous ces superbes athlètes moulés
dans des collants très serrés ! Quel homo ne regarderait pas les
comics avec une certaine fascination ? Dessiner est donc devenu pour moi un
cheminement des plus logiques. C'était un moyen génial pour commencer
à explorer et à exprimer ma sexualité.
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Quand
vous êtes-vous décidé à vivre de votre passion
et quelles ont été vos premières publications ?
Eh bien,
à vrai dire, j'ai essayé de travailler dans un bureau, j'ai
même songé un moment à me tourner vers l'enseignement
ou la psychologie. En fait, il y a eu un moment dans ma vie où ces
options auraient pu prévaloir. Mais il faut croire que je ne suis pas
sur terre pour ça. Dessiner, c'est ma vie. C'est difficile à
expliquer, mais ça me
donne l'impression d'être réellement vivant... En ce qui concerne
mes premières oeuvres, elles n'ont été disponibles qu'au
Canada et elles sont épuisées depuis belle lurette...
Est-ce
que c'était déjà érotique ?
Vous
savez, quand je repense à mes débuts, je dois admettre qu'il
y a toujours eu un érotisme sous-jacent dans ce que je faisais. Ma
mère plaisantait à ce sujet en disant que j'avais très
vite su dessiner les oitrines féminines. Je crois que c'est une autre
des raisons pour lesquelles ça l'a choquée quand elle a appris
que j'étais gay ! Mais je e sais pas si c'est le sang français
qui coule dans mes veines ou le fait que je suis homo, mais j'adore la sensualité.
Et la sexualité est une part importante de la sensualité. Alors,
j'essaie de marier les deux ans tout ce que je fais.
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Quels
artistes ont influencé votre oeuvre ?
Trois
dessinateurs m'ont beaucoup influencé : Daerick Gross, Alan Davis et
Steeve Lightle. Pour améliorer mon style, j'ai fait comme beaucoup
de jeunes artistes : j'ai disséqué leur façon de dessiner
! C'est la meilleure façon d'apprendre comment les choses fonctionnent,
comment une bédé est réalisée. Je me souviens
d'en avoir bavé sur les Reiki warriors de Daerick Gross dans les années
80, j'étais stupéfait par la beauté de ses hommes, et
par le talent artistique de ses illustrations. C'est devenu l'un de mes dessinateurs
favoris, sans l'ombre d'un doute. Je pense qu'en ayant étudié
son style, j'ai évolué vers un encrage bien plus propre. Idem
pour Alan Davis. J'adore ses lignes nettes, lisses, et je m'efforce d'obtenir
le même résultat. Bien entendu je me suis nourri de leur talent
pour développer mon propre style.
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Pensiez-vous
à l'époque qu'un jour vous deviendriez célèbre
en tant que dessinateur de comics érotiques et avez-vous jamais songé
à faire autre chose ?
Pendant
un temps, j'ai flirté avec la chanson, notamment en tant que parolier,
et, en 1994, comme j'étais un peu vidé par toute cette production
graphique, j'ai signé un contrat avec une maison de disques de Vancouver
qui s'appelait Empire Communications. J'ai enregistré des chansons
avec eux et j'ai passé quelque temps à faire des concerts, mais,
au final, ça n'a pas marché. Alors je me suis plus ou moins
retiré des spectacles. La chanson me manque beaucoup, mais je crois
vraiment en ce que je fais actuellement. J'ai entamé récemment
l'illustration d'une histoire courte pour Black Inches et ils ont l'air
d'être enthousiasmés par ce que j'ai produit jusqu'à maintenant.
Je pense que c'est un pas de plus dans la bonne direction...
Est-il
possible de rester fidèle à une vision artistique lorsqu'on
est dessinateur de bandes dessinées érotiques ? Vous a-t-on
déjà dit que vos comics étaient " trop cul " pour être
réellement artistiques ?
J'ai
eu mon lot de critiques à ce sujet. Je suis certes respectueux des
opinions de chacun, mais je ne vais pas me contraindre dans mon travail à
cause de quelqu'un qui n'apprécierait pas cet aspect de son contenu.
C'est comme ça que je suis et c'est ce que j'ai envie de dessiner.
J'ai travaillé pour Avatar Press pendant deux ans et je me suis rendu
compte que je perdais peu à peu de ma passion pourles comics en général
parce que mon coeur allait vers d'autres préoccupations que ce que
je dessinais. Alors je suis parti. Et vous savez quoi ? Des opportunités
qui me convenaient mieux se sont présentées. C'est parfois difficile,
mais on peut tout à fait rester fidèle à ce qu'on veut
faire et vivre de ce qu'on aime...
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La
question bateau, maintenant :
" Mais où allez vous chercher tout ça " ?
D'où vous vient l'inspiration ?
Je
m'inspire parfois de personnes qui m'entourent, mais la plupart du temps,
les idées viennent de moi. Tous mes personnages correspondent à
une part de ma personnalité. Camili-Cat, c'est mon côté innocent.
Diablo, mon côté joueur, sexy. Naked Justice, ma tendance à
ne pas me prendre au sérieux. Jeanne Darque, un aspect plus froid,
celui en moi qui n'a pas de patience avec les imbéciles. Dans un certain
sens, tous sont basés sur une part de réalité, mais,
en fait, quand on commence à dessiner un nouveau héros, sa personnalité
émerge d'elle-même très rapidement. On débute avec
ce qu'on a décidé, et puis le personnage se met à vous
dicter ce qu'il veut faire...
Faites-vous
appel à des modèles pour dessiner vos personnages ?
Je n'ai
jamais eu recours à des modèles, je me réfère
parfois à une photo, mais c'est rare. Mon métier m'a depuis
longtemps obligé à apprendre comment fonctionne le corps humain
pour ne pas avoir à me limiter à une seule référence.
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Vous
dessinez mais vous faites aussi les scénarios. Écrivez-vous depuis
longtemps ?
Au
fil des ans, j'ai créé des centaines de personnages de comics.
Leur vie, leur personnalité, leurs spécificités, leurs
expériences, tout ça, c'est très important pour moi. C'est
ce qui donne chair aux personnages, ce qui les rend crédibles. Mon boulot
ce n'est pas que le sexe, c'est aussi de créer des personnages et des
histoires qu'on ait envie de suivre de page en page. Alors, il est parfois difficile
de faire tenir tout ça dans la place qui m'est impartie. J'ai tendance
à me concentrer davantage sur le développement des personnages
que sur les scènes de combats. En tout cas, du point de vue de la production,
je n'ai pas eu beaucoup de problèmes. Le plus compliqué, c'est
la distribution, le marketing, les ventes... |
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Ne
serait-il pas plus simple de travailler pour un éditeur de comics hétéros
?
Comme
je vous l'ai dit, j'ai travaillé pendant 2 ans pour Avatar Press. C'était
une expérience enrichissante dans le sens où je me suis fait
un nom et où ça m'a permis d'affiner mon trait. Mais, dans le
même temps, je n'étais pas vraiment content de ce que je devais
dessiner. Sauf le respect que je dois à Avatar Press, je n'en pouvais
plus des nichons et des fesses de femmes ! Je pensais pouvoir tenir plus longtemps,
mais je me trompais. En fait, j'aime
les mecs et j'aime les dessiner. Un jour, c'est sûr, ça me plairait
bien de me faire la main sur un titre de Marvel ou de DC, mais je suis tellement
porté sur l'érotisme que je ne sais pas comment je m'en tirerais.
Vous imaginez comment je traiterais l'entrejambe de Spiderman ! Non, maintenant
que j'ai quitté Avatar, je décroche sans cesse de nouveaux contrats,
plus diversifiés, tout en restant homo. Et ça me convient très
bien...
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Votre
vie sexuelle ressemble-t-elle à celle de vos personnages ?
J'ai
vécu dernièrement une expérience très sympa
avec plusieurs mecs ! C'était torride et complètement safe
- je suis très à cheval là-dessus - mais très
joyeux, et révélateur. C'était, si vous voulez, assez
bizarre de passer de l'autre côté des dessins. De vivre des
trucs que j'ai représentés. J'ai bien aimé. J'ai
énormément aimé mais, dans le fond, je suis un romantique,
et en fait je préfère avoir un seul partenaire plutôt
que cinq. Je suis assez ouvert sur la question du sexe évidemment,
et j'aime bien m'amuser, mais je dois me sentir en sécurité
avec mon partenaire pour me laisser aller complètement. À
vrai dire, je ne pense pas qu'il serait bon pour quiconque de vivre tous
les trucs que je dessine. Ça serait bien trop dangereux !
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Romantisme,
punition, plastiques superbes ou monstrueuses font partie de votre oeuvre.
Que cela représente-t-il pour vous ?
J'aime
bien représenter différents types de sexualités. La tendresse,
c'est sympa, mais c'est le hard qui me fascine. J'ai rencontré beaucoup
d'hommes aux corps très différents. Le principal, c'est que
le mec soit beau de l'intérieur, c'est ce qui me fait fondre. C'est
pourquoi je suis si attaché à Camili-Cat, qui n'accorde pas
d'importance à l'apparence de ses partenaires. Ses aventures sont très
amusantes à dessiner parce qu'elles sont très diverses. Le hard
m'excite énormément, et c'est très sécurisant
d'explorer certaines pratiques sur le papier. Ça m'a toujours fasciné
et, quel que soit le scénario, j'essaie toujours de me mettre dans
la peau de mes personnages. La sexualité hard est très excitante
à dessiner parce que cela m'amène à connaître des
situations que je ne ressens pas forcément le besoin de vivre dans
ma propre vie sexuelle. Mais c'est aussi le sujet qu'on me demande le plus
de représenter. Je pense que c'est dû au fait qu'il est très
difficile de dénicher ce genre d'évocations sur d'autres supports,
comme le livre ou la vidéo. Et puis, les punitions c'est pour moi un
moyen de briser toutes ces conneries autour
du machisme que les mecs semblent forcés d'adopter. Je veux dire, mes
garçons pleurent tout en restant super masculins. Mais je n'arrive
pas à véritablement blesser mes personnages. Je les aime trop
pour ça. Et je ne leur fais pas faire ce qu'ils n'aimeraient pas faire.
Donc, tout va bien. C'est une des choses avec lesquelles j'avais du mal chez
Avatar. Il y avait beaucoup de sexe mélangé à la violence
et au gore. Dans mon dernier projet pour eux, j'ai vraiment dû dessiner
un mec se faisant dévorer la bite par une pétasse vampire. Je
crois que ça a été la goutte d'eau qui a fait déborder
le vase. Ma limite personnelle avait été atteinte. Dans mon
travail, les choses peuvent mal tourner, mais je n'arracherai jamais la bite
d'un type ni ne le laisserai défoncé à mort. Je ne suis
pas comme ça. J'aime montrer différents aspects du sexe, et
les montrer comme étant également beau. Mais certaines choses
cessent d'être belles, vous savez. Comme se vider de son sang après
s'être fait arracher la bite. C'est juste " Berk ! " |
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Qu'avez-vous
appris sur vous-même depuis vos débuts ?
J'ai
appris que j'étais plus fort que je ne le pensais. Je pense qu'à
travers mon travail, je suis devenu plus conscient de la réalité
et de ce qu'il y a au fond de moi. Mais cela fait sans doute partie du processus
artistique. On ne peut pas faire ce genre de travail et ne pas oser aller
piocher au plus profond de soi. Ça m'a aussi rapproché de cultures
sexuelles du monde entier. J'ai travaillé pour des sites web et des
magazines, et ça m'a permis de découvrir des expériences
assez tordues. Je suis beaucoup moins
naïf maintenant ! Finalement, je suis assez excité par une grande
partie de la vie que je mène. Il n'y a pas de problèmes qui
me pourrisse la vie ou mon boulot et j'aime les endroits où mon travail
m'a conduit. Si ma vie était à refaire, sans doute y aurait-il
quelques petites choses que je ferais différemment étant donné
l'expérience que j'ai acquise, mais l'important pour moi, c'est de
regarder vers l'avant, et voir ce que le futur me réserve.
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Cette
interview a été réalisée sur la base de divers entretiens
accordés par l'auteur à des sites internet et des revues américaines.
Elle a été traduite et adaptée par Olivier Tourtois et
Henri Dhellemmes. © H&O éditions pour la présente traduction.
Tous droits de reproduction réservés. |
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